Mensuel de Reconstruire l’École : numéro 3

Éditorial

Un crash informatique nous a empêchés d’actualiser le site au rythme souhaitable. Nos lecteurs trouveront ici, avec un peu de retard, un bilan provisoire du mois de janvier qui sera complété dans les prochains jours.

D’après le journal Le Monde, “Xavier Darcos est lassé de l’Education nationale”.

Réciproquement, tous ceux qui avaient mis quelque espoir dans sa volonté de remettre l’école sur les rails sont désormais las de Xavier Darcos. Après avoir fait un petit pas dans la bonne direction avec une réforme (bien timide) des programmes du primaire, le ministre donne à nouveau carte blanche aux destructeurs de l’école. Et, restrictions budgétaires aidant, réussit le tour de force de liguer tout le monde contre lui.

Après la reculade de décembre face à un début d’agitation lycéenne, c’est la mobilisation des universitaires qui prend le relais.

Fait sans précédent depuis 1968, un mot d’ordre de grève totale et illimitée a été lancé par une Coordination nationale des universités. Les jours qui viennent nous diront quel écho rencontrera cette initiative.

Mais même si cette grève est un succès, elle risque de s’enliser très vite. Car la mission assignée à l’école et à l’université n’est plus d’assurer un enseignement mais de tamponner des diplômes. Tant que les examens et concours ne seront pas en danger, le gouvernement peut continuer d’opposer le mépris à tous les arguments développés depuis des mois contre la mastérisation des concours du primaire et du secondaire et, plus récemment, contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Si le gouvernement choisit, comme on peut le craindre, la logique de l’affrontement, les universitaires devront envisager rapidement des mesures plus percutantes qu’une simple grève.

Partie prenante de ces mobilisations, “Reconstruire l’Ecole” n’en continue pas moins à participer à l’élaboration d’une réflexion collective et sereine sur l’ensemble des problèmes affectant élèves et professeurs. C’est pourquoi nous saluons la parution prochaine du dernier livre de Nathalie Bulle et que nous reprenons nos conférences-débat avec, cette année, un cycle intitulé “L’élève et l’enfant”.

Télécharger le numéro 1 : Novembre noir pour l’école

Télécharger le numéro 2 : Avertissement d’incendie

Penser l’école aujourd’hui : un livre, une conférence-débat

  • 1. L’ECOLE ET SON DOUBLE, Essai sur l’évolution pédagogique en FranceEn librairie le 17 février 2009. Notre amie Nathalie Bulle (CNRS) publie son dernier livre aux Editions Hermann.” En montrant comment la démocratisation des systèmes éducatifs en Occident a suscité un appel d’idées pédagogiques opposées aux besoins fondamentaux de l’enseignement, Nathalie Bulle met au jour une série stupéfiante de croyances fausses qui se sont constituées autour de l’école, de ses enseignements et ses méthodes, de ses succès comme de ses échecs. Il n’y avait pas autant de retards scolaires qu’on le prétendait lorsqu’on a réformé l’enseignement du français dans le primaire dans les années 70 et révisé l’orientation pédagogique du collège ; les effets de la réforme des mathématiques modernes n’ont pas été ce qu’on en a dit et ne justifiaient pas la contre-réforme menée ultérieurement ; les transformations pédagogiques profondes de la fin des années 80 ont altéré la réussite des élèves, diminué leur intérêt pour les lettres et les sciences, et accentué l’inégalité des chances. Des analyses statistiques révèlent les différences en termes d’efficacité entre les méthodes pédagogiques, notamment envers les élèves issus des milieux les plus défavorisés. Des études historiques conduisent à renverser les liens établis entre autoritarisme politique et méthodes fondées sur la transmission des savoirs d’une part, entre démocratie et méthodes modernes, centrées sur l’élève, d’autre part, etc. “Lire l’ensemble du dossier de presse avec une longue interview de l’auteur.
  • 2. CONFERENCES-DEBAT DE RECONSTRUIRE L’ECOLE : “A quel âge philosopher” (cycle “L’élève et l’enfant”)Le 7 février 2009, à 15 heures, au lycée Henri IV (rue Clovis, Paris 5e),avec Hervé BOILLOT, professeur de philosophie au lycée Descartes à Sceaux, auteur avec Michel Le Du de La pédagogie du vide, critique du discours pédagogique contemporain (Presses universitaires de France)«A quel âge philosopher?» Phénomène de mode ou tendance plus lourde? Il est de fait qu’aujourd’hui, la philosophie sort de ses gonds: on philosophe dans les cafés, mais aussi dans certaines classes du primaire, subvertissant la hiérarchie des compétences,des âges et des ordres d’enseignement. En France et ailleurs se développe un vif intérêt pour les pratiques de discussion à visée philosophique avec des enfants.

    La question de l’âge auquel initier les élèves à la philosophie est déjà ancienne, et tout sauf anecdotique. Elle a été posée dans les années 1970, à une époque où l’institution de l’enseignement de philosophie se trouvait vivement contestée, comme d’ailleurs l’ensemble des institutions par la critique politique…

    Lire la suite de la présentation d’Hervé Boillot

    “L’Université s’arrête le 2 février” La mobilisation des universitaires ne faiblit pas. Après le succès de l’Appel du 8 novembre, la Coordination nationale des universités, mise en place le 22 janvier à la Sorbonne, lance un mot d’ordre de grève totale et illimitée.

    Collège international de philosophie : portrait des ministres en ramasseurs d’épingles

    Après les RASED, c’est le tour du Collège international de philosophie. Alors que le gouvernement distribue des dizaines de milliards d’euros aux banquiers en faillite, l’Education nationale est priée de se serrer la ceinture. Suppression de postes à tout va, avec des effets imperceptibles sur le budget de l’Etat. Ce qui n’est pas marginal du tout, en revanche, ce sont les effets institutionnels de ces mesures. La suppression des RASED aurait permis de “récupérer” 3000 postes, ramenés à 1500 après une très forte mobilisation (sur près de 1.000.000 d’enseignants, beaucoup plus si on compte les retraités !). Avec le Collège international de philosophie, on atteint le comble du ridicule : 15 demi-postes de professeurs du secondaire! Et c’est pour cette “économie” que l’on empêche de fonctionner normalement l’une des institutions qui contribuent le plus au rayonnement de la France à l’étranger! Faire litière à la fois des élèves les plus démunis et des centres de recherche les plus prestigieux : voilà l’éthique de ramasseurs d’épingles qui anime aujourd’hui nos gouvernants.

    (les liens ci-dessous ne sont plus actifs lors de la remise en ligne le 20 mai 2015)

    Lire la Lettre aux Directeurs de Programme actuels et anciens, au public, aux amis du Collège International de Philosophie.

    Lire et signer la pétition

    “Le Collège International de Philosophie est menacé de perdre à la rentrée 2009 ses “mises à disposition” qui permettent aux enseignants du secondaire d’être déchargés de la moitié de leurs heures de cours, conformément au principe fondateur du Collège d’égalité dans l’accès à la recherche.

    Ces décharges de cours permettent un plein investissement des directeurs de programme issus du secondaire dans les différentes instances du Collège et sont donc indispensables à sa vitalité.

    Dans le but d’obtenir le maintien de ces “mises à disposition”, le CIPh met en ligne une pétition à signer et diffuser…”

    Très prochainement les rubriques suivantes :

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