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RECONSTRUIRE L'ECOLE


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MAIS, dit la présidente...



Par Françoise Guichard, présidente de Reconstruire l'école

Cette chronique  --  dont le titre constitue un petit clin d'oeil aux vieux lecteurs de
L'Huma qui se souviennent avec émotion du billet d'André Wurmser - se propose de suivre l'actualité de l'Ecole, avec plus ou moins de régularité sans doute, ne serait-ce qu'en fonction des événements. Tout en étant fidèle aux principes qui font la spécificité de Reconstruire l'Ecole,  elle n'a pas la prétention de refléter systématiquement tout le point de vue de l'association, mais aussi de poser des questions et d'ouvrir, s'il le faut, des débats.

De l'importance d'être constant



Ils ont voté, et puis ça y est...

Dimanche soir à vingt heures, pour tout dire, le premier sentiment fut la honte pour mon pays, celle de voir Mme Le Pen, parée des oripeaux de la laïcité, de l'anti-système et de la souffrance populaire, porter le score de son parti à un niveau historique. Tant de cours d'ECJS pour en arriver là, ce serait risible si ce n'était pas tragique. Quel immense échec de ce catéchisme citoyennisant ! Le second fut la déception : les deux candidats qui portaient le moins mal les espérances des défenseurs de l'École et des humanités n'ont pas atteint, tant s'en faut, les pourcentages espérés.

Reste à présent à choisir entre MM. Sarkozy et Hollande. Le premier, en cinq ans de mandat, n'a tenu aucune de ses promesses prétendument "républicaines" pour réintroduire de l'instruction à l'École : suppressions massives de postes, calamiteuse mastérisation, sabotage des concours de recrutement, envoi au casse-g.... des néo-certifiés ou néo-PLP, une intégration des IUFM à l'Université qui n'a jamais remis en cause la suprématie des pseudo-sciences de l'éducation, la licence bradée, les lycées transformés en usines à gaz grâce à la calamiteuse réforme Descoings, dont on ne dira rien par égards à la mémoire du défunt...

Le bilan du président-candidat est accablant et ne peut en aucun cas être défendu. En ce qui concerne M. Hollande, nous ne nous faisons guère d'illusions sur les propositions de son équipe en matière d'éducation.

Avides de retrouver les places qu'ils n'ont jamais véritablement perdues, ses amis pédagonigologistes, nous le savons, piaffent d'ores et déjà dans les starting-blocks, si je puis oser cette métaphore hardie. Certes, et c'est évidemment positif, le candidat socialiste s'est engagé à restituer les soixante mille postes supprimés. Il ne sera certainement pas celui qui ricanera maintes fois en public sur La Princesse de Clèves. Pour le reste - mais nous ne demandons qu'à être heureusement surpris, naturellement - rien de très emballant (euphémisme). Par conséquent, bien sûr, à supposer (ce qui demeure de l'ordre du probable) que les mesures prises par le futur ministre socialiste de l'Éducation s'avèrent nocives, Reconstruire l'école prendra toute sa place pour s'y opposer résolument. Mais dans l'immédiat, c'est à celles de M. Chatel, franchement détestables, que nous sommes, des années, confrontés, avec les désastreux résultats que l'on sait.

Est-ce à dire que la Présidente de Reconstruire l'École, renonçant à prendre ses responsabilités, vous engage à aller taquiner le goujon le jour du second tour ? En aucun cas. Comme on l'a remarqué dans le précédent article, les deux finalistes étant, pour des raisons différentes, également déficients en matière de refondation de l'École et de défense des humanités, il faudra raisonner autrement qu'en termes de lobbying et se prononcer en fonction d'autres critères: c'est à dire se demander seulement, dans le secret de sa conscience et de son isoloir, lequel des deux impétrants à la fonction suprême mettra le moins à mal notre système français issu du programme de la Résistance et saura se montrer enfin à la hauteur de la fonction...

Publié le 23 avril 2012