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Au sommaire de ce deuxième bulletin d'information (janvier 2000) :

Editorial
" Résister ... " par René Chiche
Les Années Bancel
Analyse du rapport Bancel par Frédérique Evenou
La voie professionnelle
Analyse de la charte " un lycée pour le XXIe siècle " par Jacques Merle
L'orchestration du chaos
" Le Collège de l'an 2000 " - Analyse du rapport Dubet par Jean-Luc Despax
Appel à la mobilisation des professeurs de mathématiques
Publications
Assemblée générale du 29 janvier 2000
Lycée Louis-Le-Grand, Paris 5
Invité : Gérard Molinier, auteur de La gestion des stocks lycéens, L'Harmattan, 1999

Manif fevr.99



Résister ... La mobilisation spontanée contre la politique éducative du ministre Allègre et de ses conseillers a suscité l'année dernière l'espoir de la voir abandonner ou, plus modestement, infléchir. S'il n'en a rien été, et ce pour des raisons qui ne tiennent pas toutes à la force de l'adversaire, la résistance collective qui s'est esquissée au cours de cette mobilisation n'a cependant pas lieu de se dissoudre ni de s'interrompre, même si la lassitude qui a gagné un grand nombre de ses acteurs est compréhensible. A cet effet, elle doit toutefois, et de manière assez urgente, prendre des formes plus compatibles avec un mouvement capable de durer que celles qu'offrent le recours à la grève reconductible ou l'organisation de manifestations quotidiennes, et plus adaptées aussi à la nature de la menace qui pèse aujourd'hui sur l'école. Telle a été la position constante de Reconstruire l'école, et telle aussi l'une de ses principales raisons d'être, car l'idéologie qui inspire la politique éducative actuelle a si fortement imprégné les esprits, y compris au sein de certains appareils syndicaux prétendant par ailleurs s'y opposer, que c'est sur ce terrain-là, autant sinon plus que dans la rue, que doit s'engager et se poursuivre la lutte. Reconstruire l'école implique en effet de rétablir d'abord l'idée d'école, quitte à inventer par après, et notamment pour tenir compte des données engendrées par ce qu'on nomme fort mal la " massification " - terme équivoque qui favorise la confusion du fait avec le droit -, des formes d'accès et de poursuite d'études compatibles avec la qualité de celles-ci d'une part, et avec la fonction spécifique qu'assume l'institution scolaire dans une libre république d'autre part. Or, si la politique éducative actuelle tourne le dos à ces exigences, et si en dépit de cela elle est effectivement conduite et mise en œuvre de façon très concrète - ce qui est spécialement le cas depuis cette rentrée censée constituer l'an 1 de la réforme ! -, ce serait commettre une grossière erreur d'analyse que d'en accuser le seul ministère ou de se contenter de mettre en cause ses noirs desseins car, même si ces aspects de la situation sont incontestables, il est invraisemblable qu'un homme et son équipe, quand bien même ils auraient à disposition l'appareil d'état et la bénédiction des médias unanimes, aient à ces seules conditions le pouvoir de détruire ou, ce qui en l'espèce revient au même, de transformer de fond en comble une des principales institutions de la république. Non, si ces hommes parviennent à faire ce qu'ils font et ne serait-ce même qu'à tenir le discours qui est le leur, sans du même coup provoquer quelque indignation légitime dans l'ensemble de la profession ainsi que dans la cité, c'est d'abord parce que, ici et là, les conditions le leur permettent, ce qui appelle une analyse appropriée. Le discours dont Claude Allègre fait sa politique n'est pas seulement le discours de Claude Allègre, dont la seule originalité consisterait plutôt à le porter à un niveau de tonitruance inégalée, mais il s'agit d'un discours répandu, et appelé à l'être encore davantage depuis qu'il existe des instituts spécialement crées à cette fin, les IUFM. Or si nous voulons que notre lutte pour une certaine idée de l'école, ou pour mieux dire pour l'école tout court, soit quelque peu efficace, il faut la mener sur le terrain des esprits et voir cette difficulté en face : on ne peut mettre en échec une politique éducative néfaste sans en mettre à jour les conditions de possibilité, spécialement au sein même de la profession. Car enfin, pour qu'une réforme soit autre chose qu'un effet d'annonce destiné à occuper la scène médiatique, il faut bien que des professeurs la mettent en œuvre, y participent, c'est-à-dire finalement y collaborent. C'est donc là aussi qu'est notre pouvoir : aucune réforme ne peut théoriquement entrer dans les faits sans notre consentement ; si tel n'est pas le cas, il faut en déduire qu'une majorité d'entre nous y consent, et se demander pourquoi.

Dès lors, il importe aussi que ceux des professeurs qui n'entendent pas devenir les acteurs d'une destruction de l'institution scolaire ne résistent pas seuls. En cela se trouve confirmé cet autre but de Reconstruire l'école : devenir, en même temps qu'un espace de parole et de critique, un pôle de résistance suffisamment visible et audible pour faire connaître que le silence médiatique qui accompagne à point nommé l'entrée en vigueur des réformes annoncées l'année dernière ne vaut pas consensus, ou, autrement dit, pour donner à la résistance, aussi minoritaire soit-elle dans un premier temps, une notoriété publique. A cet effet, notre prochaine assemblée générale pourrait peut-être convenir, après en avoir amplement débattu, de lancer, comme nous l'avions fait pour les états généraux de l'éducation en protestation contre la " consultation Meirieu ", un appel à la désobéissance en réponse aux conclusions et attendus du rapport Bancel (voir analyse ci-dessous) ainsi qu'à cette anomalie scandaleuse que constitue " l'éducation civique, juridique et sociale " qui, de l'aveu même de ses concepteurs, est censée introduire dans l'enseignement des " innovations significatives " destinées à être étendues à toutes les disciplines ou à les concerner toutes à quelque titre que ce soit (analyse prochainement disponible sur le site internet de l'association).

Reste que l'indispensable préalable à toute action de l'association, quelle qu'elle soit, consiste à en assurer l'existence et le fonctionnement, notamment au niveau de la gestion quotidienne, ce qui motive l'appel à contribution récemment lancé ainsi que l'organisation d'élections mettant terme au caractère provisoire du bureau d'une part, et permettant d'autre part à chaque membre de renouveler ou de rappeler, par ce moyen, son intérêt pour et son engagement dans l'association.

R. Chiche


Nous avons le regret de faire part du décès de notre collègue et ami Pierre Fromont, professeur de lettres classiques, qui participa à la fondation ainsi qu'à l'activité de l'association, avec ferveur et sans faire jamais paraître les signes de la maladie qui l'a récemment emporté.

En cette époque où les amis de l'école sont rares, nous ressentons sa disparition avec d'autant plus de peine, et tenons à adresser à sa famille ainsi qu'à ses proches nos sincères condoléances.

Le bureau provisoire de Reconstruire l'école


 

Manif févr.99

adresse internet : http://www.multimania.com/reconstrlecole/

courrier électronique : reconstrlecole@multimania.com

courrier : 21, rue Jean Beausire - F 75004 - Paris


Pour adhérer à l'association Reconstruire l'école, adressez un chèque de 100 F (ou plus) à l'ordre de Reconstruire l'école, ainsi que vos nom, prénom, adresse, profession, établissement, téléphone et éventuellement adresse électronique (ou remplissez le formulaire en ligne), au trésorier -adjoint: Eliane Thépot - 66, avenue du docteur A. Netter - 75012 Paris


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