Lettre du collectif de défense des classes préparatoires à Saint-Denis



Faites savoir au ministre de l'Education nationale votre désaccord.
Pour apporter un soutien simple et concret à cette initiative, il suffit
- de copier le texte ci-dessous et de le coller dans un nouveau message
- de l'adresser à sup-info@education.gouv.fr
avec copie à :
sauver-la-prepa-a-saint-denis@laposte.net

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Monsieur le Ministre,

Je viens d'apprendre que la classe préparatoire aux concours d'entrée aux écoles d'ingénieurs (filière PCSI) du lycée P. Eluard de Saint-Denis est sur le point d'être fermée dès la prochaine rentrée.
Par son implantation à Saint Denis cette classe joue un rôle essentiel dans l'accès des élèves du département à ces formations supérieures. Elle a en outre vocation à occuper une place de tout premier plan dans le cadre du dispositif que vous avez déclaré vouloir mettre en place en vue de promouvoir « l'égalité des chances dans l'accès aux formation d'excellence ».
Pour ces raisons je vous demande de bien vouloir surseoir à cette décision.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, mes respectueuses salutations

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COMMUNIQUE des professeurs des classes préparatoires de Saint-Denis



Saint-Denis, suppression d'une classe préparatoire aux écoles d'ingénieurs

Egalité des chances : les mots et les actes !

A l'heure où le ministre de l'Education nationale, affiche paraît-il son ambition de redynamiser « l'ascenseur social », en présentant le 17 janvier dernier diverses mesures pour amener les lycéens issus de milieux défavorisés à s'orienter, notamment vers les grandes écoles, on met à mal les outils existants de la politique d'ouverture sociale dans l'enseignement supérieur.
Depuis 17 ans le lycée Paul Eluard de Saint Denis propose 3 filières de classes préparatoires aux écoles d'ingénieurs (PCSI/PSI, MPSI/MP et ATS).
Recrutant principalement auprès de l'ensemble des établissements environnant, ces classes constituent l'une de ces voies d'excellence que le ministre entend promouvoir : le pôle CPGE du lycée P. Eluard peut s'enorgueillir d'avoir permis à des centaines de ses étudiants, souvent issus de milieux modestes, d'intégrer une école d'ingénieurs à l'issue d'un concours national.
En dépit de cette réussite incontestable, le recteur de l'académie de Créteil a choisi de proposer au ministre la fermeture de la classe de PCSI pour la prochaine rentrée scolaire, entraînant mécaniquement, l'abandon de cette filière dès la rentrée suivante. La faiblesse des effectifs en septembre 2004 constitue la seule justification apportée à ce projet : alors que l'effectif moyen est de l'ordre de 20 étudiants, il est exact que cette année et pour la seule classe de PCSI, l'effectif est passé nettement sous la barre des 20 (11 étudiants).
Naturellement une telle évolution ne laisse personne indifférent : mais la faiblesse des effectifs n'est-elle pas le symptôme de « ces blocages et autocensures » qu'évoque avec raison le ministre lui-même, dans son discours à la presse le 17 janvier dernier ?
Alors que s'engagent des actions spécifiques sur le thème « osez la prépa », que sont noués des partenariats entre établissements d'enseignement supérieur et lycées afin de susciter chez les lycéens des orientations plus ambitieuses, qu'a été adoptée une « charte pour l'égalité des chances dans l'accès aux formations d'excellence », est-il cohérent de fermer les classes préparatoires qui devraient les premières, bénéficier de ces efforts ?
Que reste-t-il de l'ambition affichée d'une démocratisation de l'accès aux grandes écoles scientifiques si subsiste à l'échelle d'un département de 1,4 millions d'habitants un seul établissement propose la filière PCSI ?
Croit-on vraiment qu'en éloignant les étudiants de la Seine Saint Denis de leurs lieux de formation on favorise les vocations ?

Ce projet est largement contesté :
- Le 19 janvier le conseil d'administration a fermement rejeté ce projet et invité le ministre de l'Education nationale à maintenir le pôle scientifique du lycée.
- La population s'est également vigoureusement exprimée puisqu'en quelques jours ce sont plus de 700 signatures d'une pétition de protestation qui ont été rassemblées.
- Le député, président de la communauté d'agglomération de Plaine Commune, Patrick Braouezec et le maire de Saint-Denis, Didier Paillard, se sont également émus de ce projet, et sont intervenus auprès du ministre en lui demandant d'y surseoir.

Dernière minute : sans aucune information officielle, la classe de PCSI du lycée Paul Eluard à été supprimée de la liste des établissements du serveur de recrutement des classes préparatoires.


Les professeurs du lycée Paul Eluard

Contact : cpgepauleluard@free.fr
Lycée Paul Eluard : 01 49 71 70 00

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Réponse de Reconstruire l'école :


Monsieur le Ministre,


Vos services ont pris la décision de fermer, dès la prochaine rentrée, la classe préparatoire aux concours d'entrée aux écoles d'ingénieurs (filière PCSI) du lycée Paul Eluard de Saint-Denis.


Par son implantation à Saint Denis cette classe, dont les résultats sont d'ailleurs plus qu'honorables, joue un rôle essentiel dans l'accès des élèves du département à ces formations supérieures. Elle a en outre vocation à occuper une place de tout premier plan dans le cadre du dispositif que vous avez déclaré vouloir mettre en place en vue de promouvoir « l'égalité des chances dans l'accès aux formations d'excellence ».


Nous ne saurions admettre les raisons qui ont été données pour cette fermeture. Le nouveau dispositif d'admission en classes préparatoires, en vigueur depuis plusieurs années déjà, permet au Ministère de veiller à une meilleure répartition des élèves dans les différents établissements sur l'ensemble du territoire national. Si les effectifs de cette classe connaissent une baisse, qui est d'ailleurs statistiquement peu significative eu égard aux chiffres en jeu, la responsabilité n'en revient donc pas seulement à l'échelon local. On peut même penser que la publicité dont vient de bénéficier, bien malgré lui, le lycée Paul Eluard, aura des conséquences positives pour l'avenir immédiat. Mais surtout, le nombre de demandes pour ces établissements classés en zone sensible, dépend beaucoup de l'existence même de ces voies d'excellence dont les lycéens qui sont, en principe, les plus concernés n'ont le plus souvent pas connaissance ou considèrent avec fatalisme qu'ils en sont a priori exclus. Ce n'est pas en les fermant pour des raisons exclusivement comptables qu'on augmentera leur visibilité et leur attrait. De même qu'on n'augmentera pas le nombre de latinistes et de germanistes en fermant, dans de très nombreux établissements, des classes de latin et d'allemand. C'est pourtant ce qui se passe, de façon accélérée depuis la dernière rentrée, en contradiction totale avec les objectifs que vous proclamez par ailleurs. La politique ambitieuse que vous avez définie à cet égard ne peut réussir que dans le moyen et le long terme. Elle implique donc qu'on puisse passer outre les urgences financières immédiates d'un budget dont la périodicité annuelle ne correspond pas au rythme plus lent des mesures destinées à rétablir la qualité de notre système éducatif.



Nous voulons aussi insister sur le fait que cette ambition exige de réorganiser, dès la classe de seconde et à la fois en lettres et en sciences, des filières cohérentes dotées d'horaires suffisants et de programmes appropriés. En particulier, et pour ce qui concerne la préparation aux études scientifiques, la médiocrité des programmes actuels des classes de seconde en mathématiques et en physique est l'une des causes essentielles de l'insuccès des formations scientifiques supérieures, qu'il s'agisse des départements universitaires ou des CPGE : de l'échec à l'abandon et de l'abandon à la désaffection, cette spirale menace la qualité de la science française et l'avenir même de notre pays.



Nous ne doutons pas que vous serez sensible à notre souci de l'intérêt culturel de la jeunesse et de la nécessité de former les diplômés hautement qualifiés dont notre nation a besoin.


Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en notre attachement à l'école de la République.


Lettre adressée au ministre, aux collègues du lycée Paul Eluard et au député Patrick Braouezec.