Bernard Lafargue

bernard.lafargue@univ-pau.fr

Le 6 juillet 2002

Maître de conférences en esthétique

Université Michel de Montaigne, Bordeaux III

 

Les coefficients et modalités imposés au concours de l’agrégation d’arts plastiques par un décret de juillet 2000 et appliqués pour la première fois cette année font qu'un étudiant peut être admissible et donc admis, avec 1 en esthétique, 1 en histoire de l'art (épreuve réduite à 4h, coefficient 1) et 13 à l'épreuve pratique (réduite à une et coefficient 3). Ce qui, pour avoir corrigé les copies d'esthétique durant plusieurs sessions, signifie que ce futur professeur n'a pas la moindre idée des règles d'orthographe, syntaxe et grammaire.

 

 

 

Pétition-manifeste pour l'agrégation d'arts plastiques

 

Les signataires, esthéticiens, historiens d'art, membres du jury, correcteurs des compositions d'histoire de l'art et d'esthétique et sciences de l'art demandent que soit procédé de toute urgence, dans la perspective de la prochaine session 2003, à deux amendements de la réforme en cours d'application depuis 2002.

Premièrement, le retour à un barème accordant un rôle de simple décence à ces deux épreuves écrites, réduites à un rôle de pure figuration avec chacune 7,7% des coefficients totaux (1/13e des épreuves). Notre revendication étant à ce sujet extrêmement modérée, à savoir une augmentation de 3% des coefficients pour parvenir à 10,7% du total des coefficients (soit 1,5/14e des épreuves), on comprendra qu'il s'agit de franchir le seuil des 10% en-dessous duquel, par principe, une épreuve n'a tout simplement plus aucune raison d'être dans le cadre d'un concours de recrutement destiné à évaluer des compétences significatives selon une perspective professionnelle. On notera qu'à l'issue de cet amendement, ces deux épreuves demeureront les deux plus faibles coefficients de ce concours et ne remettent donc pas en question les principaux équilibres induits par cette réforme.

Deuxièmement, le retour à une durée de six heures de chacune des deux compositions (au lieu de quatre heures depuis 2002) dont l'une a vu sa complexité croître, puisque la composition d'esthétique n'est plus seulement une dissertation, mais un sujet accompagné d'un texte, sujet sur lequel on mène une réflexion problématisée. En effet, le jury a observé une baisse significative du niveau des copies, particulièrement visible par la chute de la qualité rédactionnelle et argumentative, de la première et de la deuxième partie, l'absence régulière de conclusion et même des plaintes rédigées par bien des candidats à la fin (interrompue) de leur copie.

Encore une fois, on comprendra que notre demande d'aménagement de la réforme est modeste, car elle se contente de distinguer par deux heures supplémentaires de rédaction les cinq années d'études supérieures réalisée depuis les épreuves du baccalauréat qui ont précisément lieu en quatre heures. De plus, notre perspective n'est pas simplement celle de correcteurs, mais bien de formateurs et d'éducateurs, assurés de l'obtention par les candidats de la maîtrise croissante et progressive d'une pensée structurée, argumentée et réfléchissante offerte par des entraînements réguliers en six heures, au cours des quelques années usuellement nécessaires à la préparation de ce concours. Enfin, il existe une contradiction entre des épreuves conçues dans cette perspective, valorisant notamment des capacités à se cultiver et à sélectionner des informations afin de préparer un cours organisé sur une longue durée, et l'exigence d'avoir à remplir ces opérations complexes en seulement quatre heures.

Les membres du jury signataires déclarent qu'ils démissionneront de leurs fonctions au cas où ces deux amendements ne seraient pas adoptés pour la session 2003.

Les enseignants signataires déclarent qu'ils refuseront de préparer les étudiants à ce concours au cas où ces deux amendements ne seraient pas adoptés pour la session 2003.

 

Les membres du jury signataires :

Valérie Da Costa,

Marie-Claude Genet-Delacroix,

Mathieu Kessler,

Olivier Lussac,

Lorenzo Péricolo,

Carole Talon-Hugon.

Hélène Sorbé

 

 

Enseignants signataires :

Nom , Prénom, qualité, établissement

Lafargue Bernard, Maître de conférences en esthétique, université Bordeaux III

Chareyre-Mejean Alain, Professeur d'esthétique, université Aix-en-Provence

Rouverol Jacques, professeur agrégé de philosophie, Lycée Mauriac, Bordeaux

Dauphin Didier, chargé de cours université de Bordeaux III

Lavaud José, professeur agrégé de philosophie, Khâgne, lycée Montaigne ,Bordeaux

Aubral François, professeur d'esthétique, université de Paris I, Sorbonne

Jérôme Glicenstein, Maître de conférences en arts plastiques, Université Paris8-Vincennes à Saint-Denis

Caruana Francesca, Maître de conférences en arts plastiques et sciences de l'art à l'université de Toulouse II Le Mirail

Coëllier Sylvie, maître de conférences d'histoire de l'art, Département d'Arts Plastiques et Sciences de l'art, Université Aix-Marseille I

Le Gouic Jean-Claude, maître de conférences en arts plastiques, université d'Aix-Marseille I.

Robic Jean-François, maître de conférences HDR, arts plastiques, Université Marc Bloch, Strasbourg.

Chateau Dominique, professeur d'esthétique, Université Paris 1, Sorbonne

Bonafoux Pascal, Professeur, Département Arts plastiques, Université Paris 8

Forero Sabine, Maître de conférences d'esthétique, université de Bordeaux III

Sauvanet Pierre, maître de conférences en esthétique, Université de Bordeaux III

Antoine Leygonie, Maître de conférences en esthétique, Paris 8

Gattinger Katrin, Ater université de Strasbourg

Brigaudiot Jean-Pierre, prag arts plastiques, université Paris I Sorbonne

 

Les destinataires de cette pétition sont Messieurs Luc Ferry, Marc Fort et Jean-Louis Langrognet.

 

Si vous en êtes d’accord, renvoyez votre nom à    bernard.lafargue@univ-pau.fr