UN PAS EN AVANT DEUX PAS EN ARRIERE

 

 

L’association Reconstruire l’école a pris connaissance de la décision en date du jeudi 13 juin des ministres Luc FERRY et Xavier DARCOS de reconduire, pour l’année scolaire 2002-2003 le « programme Renaut ». Or, ce programme, massivement rejeté par les professeurs de philosophie, n’existait cette année qu’à titre provisoire, dans l’attente de l’adoption des propositions du groupe d’experts présidé par Michel Fichant ; celles-ci jouissent en effet, auprès d’une majorité de professeurs, d’un accueil favorable. C’est pourquoi la décision de maintenir le « programme Renaut » semble injustifiée et en complète contradiction avec les conclusions de la consultation organisée cette année par l’Inspection Générale de philosophie. Il convient certes d’approuver le rétablissement de l’ancien horaire en classe littéraire (qui perdait une heure avec le « programme Renaut »), mais ce pas en avant - sans doute pour calmer une opposition prévisible -, n’éclipse en rien les deux pas en arrière que constitue le refus d’appliquer les propositions présentées par Michel Fichant.

 

Cette décision est justifiée par l’avis négatif du Conseil National des Programmes (CNP) ainsi que par les résultats du vote du Conseil Supérieur de l’Education (CSE.) concernant le programme de philosophie proposé par Michel FICHANT : 23 contre (FCPE., UNL (lycéens), SE-UNSA et SGEN), 22 pour (FSU, FO, SNALC, CGT, CGC, CFTC de l'enseignement privé) et 3 abstentions (dont les 2 représentants de la PEEP). Cette décision révèle deux faits on ne peut plus remarquables :

  1. elle est en contradiction avec le résultat de la consultation des professeurs de philosophie, consultation décidée et mise en œuvre par le Ministère de l’Education Nationale : 80% des professeurs de philosophie approuvent le programme proposé par Michel FICHANT et rejettent l’actuel programme élaboré par Alain RENAUT.
  2. la justification par le vote du CSE nous semble dénuée de toute légitimité : ont voté « contre » les représentants des élèves et des parents d’élèves, incompétents quant à la détermination de la valeur pédagogique d’un programme, ainsi que ceux des syndicats les moins représentatifs du Second degré.

 

Par conséquent, considérant que les professeurs de philosophie sont les mieux placés pour évaluer la valeur et la « faisabilité » d’un programme qu’ils devront eux-mêmes mettre en œuvre, et que le CSE n’est qu’une instance consultative, l’association Reconstruire l’école demande aux ministres Luc FERRY et Xavier DARCOS de revenir sur leur décision et de rendre effective, dès la rentrée 2002, la proposition de programme approuvée par les professeurs de philosophie. L'Association Reconstruire l'école accorde à cette question une valeur de test en ce qui concerne la volonté d’écoute et de dialogue du Gouvernement en général et du nouveau Ministère de l’Education Nationale en particulier : ce dernier doit montrer clairement s'il s'inscrit dans la continuité de la politique de MM. Allègre et Lang ou s'il entend tenir enfin compte de la voix des professeurs.

 

L’association Reconstruire l’école appelle également tous ses adhérents ainsi que tous les syndicats, associations et collectifs d’enseignants à soutenir, pratiquement et symboliquement, les actions des professeurs de philosophie afin d’obtenir satisfaction, ainsi que les décisions, quelles qu’elles soient, qui seront prises en Assemblée Générale lors des Commissions d’entente et d’harmonisation du Baccalauréat.

 

Reconstruire l’école, c/o Eliane Thépot, 66 av.du Dr Arnold Netter, 75012 Paris.

 

Site internet : http://membres.lycos.fr/reconstrlecole